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La Dispute, France Culture

 

-d’Arnaud Laporte: Mon ami, Louis de Gilles Gaston Dreyfus et Nicolas Boukhrief du 13 février au 9 mars au Théâtre du Rond Point.

Mon ami, Louis © Giovanni Cittadini Cesi

« Mon ami, Louis » est le titre du livre que Gilles Gaston-Dreyfus a publié aux éditions Naïve, en début d’année.
Gilles Gaston Dreyfus est un acteur que l’on a repéré, il y a un certain temps, déjà, dans la bande d’Edouard Baer, et plus encore dans le Zerep, la compagnie de Sophie Perez et Xavier Boussiron. Autant dire que c’est un homme de goût.
Si j’ai parlé du livre, je vous conseille surtout de le lire APRES avoir vu le spectacle qui en est tiré, et qui se joue encore jusqu’au 9 mars au Théâtre du Rond-Point, à Paris, pour la simple et bonne raison que ce texte ne prend toute sa mesure qu’avec l’interprétation qu’en livre Gilles Gaston Dreyfus.
S’il a choisi le scénariste et réalisateur Nicolas Boukhrief comme collaborateur artistique, regard extérieur, ils ont fait ensemble le choix d’une radicale sobriété.
C’est sur un plateau vide, avec une seule douche de lumière, que Gilles Gaston-Dreyfus se présente. Planté sous cette lumière, costume sombre et chemise noire, les jambes légèrement écartées, bien plantées dans le sol, le comédien va nous parler de son ami Louis pendant un peu plus d’une heure.
C’est à la fois sobre comme du Claude Régy pour le dispositif scénique, et à son opposé par la nature du texte et le débit du comédien.
En tous cas, c’est une véritable performance, exécutée avec une très grande virtuosité, puisque l’on sent bien que chaque syllabe, chaque mouvement infime a fait l’objet d’un long et patient travail.
Il y a une forme de naturel dans la façon qu’a Gilles Gaston Dreyfus de nous raconter des horreurs, parce qu’il faut bien dire que le récit, la vie vue par Louis est absolument terrible, pleine de bruit et de fureur.
Il y a une forme de filiation avec le comique anglais, celui de l’absurde le plus morbide, qui est ici à l’œuvre, et qui provoque des ravages de rires dans la salle, pendant que GGD, lui, sur le plateau, semble à tout moment prêt à exploser, comme Unabomber, mais à la place d’une ceinture d’explosifs, ce sont les mots qui, chez lui, semblent les armes les plus dangereuses.
Allez à la rencontre de « Mon ami, Louis », au Théâtre du Rond-Point, à Paris, jusqu’au 9 mars !

Arnaud Laporte

 

Sans oublier, l’irremplaçable revue de presse culturelle d’Antoine Guillot

 

 

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