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LA PLAN B – Radio Nova – Malek Chebel

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Bonsoir, bonsoir Malek Chebel.

Ainsi va le monde, quand on est petit, on croit qu’il avance et en grandissant on s’aperçoit qu’il recule. On se dit qu’on est quand même bien tombé, mais c’est parce qu’on ne connaît pas grand-chose. À l’arrivée, il va falloir se persuader de quelque chose. Si on trouve de quoi, c’est qu’on n’a pas peur ou que c’est trop tard. En tout cas il faut essayer.
En tout cas on n’est pas le seul.
Mais on est seul quand même.

Voilà, c’était mon introduction. Plombante.

Ce n’est pas de ma faute, c’est culturel. C’est drôle comme expression :C’est culturel, et puis à la fin : Non ; ce n’est pas drôle.  Mais comme c’est culturel, on ne peut rien y faire, c’est comme ça.
Je suis bien dans ma maison. Je ne sors pas. Je me fais chier, mais en fait non
parce que c’est culturel.
J’apprends sur moi.

Au niveau de mon rapport à l’autre, j’ai raison forcément.
De manière générale, je n’ai pas le temps. Le temps de rien. On est là pour en chier.

Quand j’ai faim, je me tape mon endive jusqu’à ce qu’elle soit bien cuite. Voilà.
Quand j’ai très faim, je vais labourer une terre grasse en baissant mon socle de charrue au niveau 5. Je laboure, je laboure jusqu’à ce que ma couronne ait repris des couleurs et en évitant les ampoules, et, au final, je peux vous dire que ce ne sont pas des OGM.
Bien sûr, vous allez me dire que l’on est loin de « La Shéhérazade renversée », du «Collier de Vénus » ou du «Vol des mouettes ».
C’est juste. Moi c’est plutôt : « Le radis noir dans son potager », « L’âne et la vache» ou « L’os à moelle dans son gros sel ».

Mais bon. Avoir la chair de poule, chouiner comme un tendron parce que la demoiselle m’aura aspiré dans sa pastèque en me grattant le dos et en me traitant de crotte, franchement je m’en fiche. Tant que je continu à lui reboucher ses caries avec mon siphon à chantilly, ça m’suffit.

Un jour, j’ai marché pendant plusieurs heures dans la neige. Il faisait si froid qu’il n’y avait personne. Mes petites olives ont gelé et puis elles sont tombées. Un renard les a mangés. Après je ne me souviens plus.
Encore longtemps après il y a eu une femme qui m’a dit je t’aime, et après j’ai bu du bon vin. Une fois bien bourré je me suis regardé dans la glace et je me suis dit je t’aime et me suis embrassé sur la bouche en faisant une grosse marque sur la glace. J’ai pleuré pendant deux mois et maintenant ça va. Heureusement que je ne connaissais personne comme ça, je n’ai tué personne. Un coup de bol.

Maintenant c’est très bien. J’ai lu lire votre livre Malek Chebel et inutile de vous dire que je partage votre idée de combattre l’obscurantisme de tout poil, en cultivant les bien faits que nous apporte cette vie terrestre.

Aujourd’hui, je me parfume  au lilas, dort sur un lit de pétale de camélia. Tous les jours, je oins ma verge avec du miel de Sétif, mes amies en apprécient l’arôme. Deux fois par mois, je prends un bain d’huile de Phaïstos, la douceur de mon corps ainsi enduit comble d’aise l’appétit de mes amantes.
Je m’amuse à cacher des grains de raisins dans mes parties intimes, à elles de les trouver avec leur museau. Je sais, c’est enfantin mais on l’a tous fait.
J’aime aussi à l’heure des marées de pleine lune aller débusquer la crevette au milieu son lac.

Ah oui! Le monde irait bien mieux si la route des sens n’avait pas, malheureusement, tous ces péages trop souvent hors de prix.

Merci donc Malek Chebel pour votre contribution au bonheur de l’autre malgré lui.

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